Jérôme de Bontin le nouvel Homme fort de l’ASM s’est aujourd’hui confié à Nice-Matin :

Le partenariat avec les « Chicago Magic » ?

« Le contexte actuel est celui d’un marché où le Zenith Saint-Petersbourg, une équipe encore méconnue il y a peu, remporte la Coupe de l’UEFA et dont le budget est quasiment le double de celui de l’ASM. Il existe désormais un marché en Russie et en Ukraine avec des gens aux moyens considérables. Dans le même temps, il y a des équipes au Moyen-Orient qui pratiquent des niveaux de salaire plus élevés qu’en France. Sans parler des joueurs comme Gallardo ou Beckham qui vont jouer à Washington ou Los Angeles pour plusieurs millions par an. La demande pour les joueurs professionnels est nettement supérieure à ce que nous avons connu par le passé, elle est telle que les salaires continuent d’augmenter. On a la réputation en France d’avoir les meilleurs centres de formation. Il faut en profiter et développer davantage encore celui de l’ASM – c’est dans cette optique que nous sommes désormais liés au club « Chicago Magic », un des meilleurs centres de formation américains – afin d’alimenter avec qualité notre équipe première ».

Quoi de neuf concernant l’actionnariat du club ?

« Il y a des pourparlers en cours avec des investisseurs et des industriels. On avance bien, je suis confiant pour que quelque chose de qualité soit bouclé courant de l’été, ou au plus tard à l’automne. L’actionnariat du club va s’ouvrir, il va y avoir des changements, mais l’objet est aussi de trouver des partenaires financiers qui amèneront avec eux une expertise dans les domaines du spectacle, de la gestion des stades, ou du merchandising ».

Y aura-t-il davantage de monde au stade Louis-II l’an prochain ?

« L’an prochain, je ne sais pas. Aujourd’hui, l’ASM est un train que je dois réparer avant de le remettre en route. Je sais où je veux l’emmener et je sais aussi que je n’arriverai pas à destination avec un train qui est aujourd’hui bancal. J’espère aller très loin, mais la saison prochaine n’est qu’une première étape. Je vais tenter d’offrir à nos supporters l’équipe la plus compétitive et la plus belle possible avec les moyens du bord. Si le projet est un succès, les moyens du bord se développeront de manière très conséquente ».

A quel niveau le train de l’ASM est-il bancal ?

« Le club ne s’est pas doté ces dernières années des moyens commerciaux pour être compétitif par rapport à ses concurrents. Il est impératif que l’on puisse remplir le stade, qu’on développe la marque, que l’on fasse du merchandising pour augmenter les ressources ».

Concernant l’effectif ?

« Il y a huit joueurs sur le départ. On cherche à en faire venir quatre à l’achat et deux sous forme de prêt. Ce sont nos souhaits. Derrière, il y a la réalité du marché. Pour l’instant, tout le monde s’observe. J’ai l’impression qu’un élément majeur (la signature de Cristiano Ronaldo au Real ?) déclencherait un effet domino sur le marché. Il est intéressant de voir qu’on est déjà le 6 juin, or ni Milan, ni Arsenal, ni Liverpool, ni Chelsea ni Barcelone, ni le Real n’ont vraiment bougé. Vu la réalité économique, on est tous tributaires des « gros ». Les autres clubs anglais, qui sont « clients » du foot français et qui se sont manifestés pour certains de nos joueurs, attendent eux-mêmes. Par ailleurs, j’ai appris de mon expérience sur les marchés financiers que souvent, la meilleure transaction est celle que l’on ne fait pas. Il faut savoir attendre ».

Avez-vous reçu des offres concrètes ?

« Quatre joueurs ont été sollicités ».

Quel profil ont les six joueurs que vous souhaitez recruter ?

« Il nous faut une équipe à l’ossature composée d’hommes expérimentés sachant qu’il nous faut un joueur par ligne : un gardien, un défenseur, un milieu, un attaquant. Nous souhaitons faire un recrutement d’expérience, mais attention : Monaco ne peut plus être le site de préretraite de joueurs reconnus ».

Vous êtes passé mercredi à la DNCG…

« Je n’ai pas le sentiment qu’il y ait quoi que ce soit qui les ait dérangés. Le courrier officiel qui doit valider les comptes devrait arriver dans les jours qui viennent ».

Sans parler de Marc Keller et Jean-Luc Ettori, à quoi va ressembler le prochain organigramme ?

« Pour reprendre l’image du train, je dirai que j’ai changé la locomotive. La nouvelle sera plus durable, plus performante et logiquement supérieure. L’ASM doit se doter d’une technologie de pointe, aussi bien dans la gestion de ses effectifs que dans la communication, le merchandising, la vente de produit ou le recrutement. Je suis convaincu que la technologie est aussi utile que l’instinct. Je ne me moque pas des recruteurs qui ont du nez, mais le nez n’a pas de mémoire. Lorsqu’on recrute des jeunes, il faut qu’on puisse se reposer sur des données. L’ASM va clairement se moderniser ».