Dans une interview pour Nice Matin, François Modesto évoque son aventure à l’Olympiakos Le Pirée, avec lequel il vient d’être sacré Champion de Grèce. Le défenseur évoque également l’AS Monaco et ne cache pas ses doutes sur les dirigeants actuels…

 

Première année en Grèce, premier titre de champion, qui était détenu l’an dernier par le Panathinaikos, vous ne pouviez pas mieux débuter ?
On a récupéré ce titre, c’était important, puisque cette saison était celle de la reconstruction. Un nouveau président avait acheté le club au mois de juin dernier, quatorze nouveaux joueurs étaient arrivés (dont Pantelic, ancien du PSG et Mirallas, ex Lille, Saint-Etienne), plus un nouvel entraîneur (Ernesto Valverde). C’était vraiment l’objectif principal du club.

 

Personnellement, comment avez-vous vécu cette première saison ?
J’ai été très bien accueilli. Après avoir joué six ans à Monaco, ce n’est jamais facile de laisser un endroit où on est bien. Mais ça s’est très bien passé. Ça m’a permis de découvrir un nouveau championnat, une belle ville, un grand club qui m’a donné la possibilité de remporter mon premier titre et de disputer l’an prochain la Ligue des champions.

 

A quel poste avez-vous joué ?
Comme d’habitude, un peu partout. Stoppeur, arrière droit, mais principalement milieu défensif. En tout, j’ai disputé vingt-cinq matches sur trente. Ceux que je n’ai pas joués, c’est parce que j’étais suspendu.

 

L’ambiance chaude des tribunes, l’incident avec Djibril Cissé (incidents avec des supporters, envahissement de la pelouse, ndlr), ça ne vous a pas intimidé ?
On a de supporters très passionnés. Le stade est toujours rempli, peu importe l’adversaire. C’est une arme en plus pour le club. A domicile, c’est la fête, il y a énormément de bruit, c’est impressionnant. C’est un public unique. J’avais eu l’occasion de le voir en Ligue des champions, lorsqu’on s’était déplacé avec Monaco (saison 2004-05).

 

Ça a dû vous changer du Louis-II ?
C’est complètement différent. L’Olympiakos, on peut dire que c’est le Marseille de la Grèce.

 

Vous rempilez une saison pour jouer la Ligue des champions ?
Dans le football, on ne sait jamais. Mais il me reste un an de contrat, et j’espère gagner encore des titres et jouer la Ligue des champions.

 

Vous continuez à suivre attentivement la situation de l’ASM ?
Bien sûr, parce que j’y ai passé six ans, j’y suis très attaché. Ça me fait mal de voir le club aussi bas. J’y ai aussi beaucoup d’amis. Je reste en contact avec certains. Même si je ne suis pas dans le groupe pour savoir ce qu’il se passe.

 

Vous pensez la descente possible ?
Ce serait vraiment dommage. C’est un des cinq-six plus grands clubs français, par son histoire, son palmarès. Maintenant, il ne faut penser qu’au maintien. Lolo (Banide) peut sauver le club, comme il l’a déjà fait. S’il y arrive, il faudra faire un bilan et analyser d’où viennent les erreurs. Chaque année, on ne peut pas recommencer à zéro et refaire les mêmes erreurs. Il y a des personnes qui sont responsables.

 

Il y a trop d’instabilité à chaque intersaison ?
Il y a trop d’instabilité, mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi eu des erreurs sur le recrutement, la formation. Monaco a perdu son identité de ce côté-là. Le club fonctionnait avec un très bon centre de formation, deux-trois étrangers qui faisaient la différence et des joueurs d’expérience. Le parcours de l’ASM me fait malheureusement penser à celui de Nantes. C’est très difficile de revenir ensuite.

 

Ce n’est pas facile de sortir des Henry ou Trezeguet tous les ans non plus…
Il y a quand même eu après Givet, Squillaci, Plasil, Ruffier, Nkoulou, Mongongu. La formation a toujours été le point fort du club, ça s’est un peu perdu à un moment. Jérôme De Bontin voulait revenir à ces origines. Après son départ, il y a eu une nouvelle politique et on voit où est le club aujourd’hui. Les joueurs sont de passage. En quelques années, on est passé de la Ligue des champions à la lutte pour le maitien. C’est dommage, car après notre finale en Coupe de France l’an dernier (défaite 1-0 contre le PSG), on pensait que ça allait repartir.

 

Les départs de cadres comme vous ou Diego Perez, pèsent-ils à l’heure du bilan ?
Ça a été un choix. Les dirigeants et Marc Keller ont décidé de se séparer de nous. Chacun sa politique. L’important, c’est d’être franc et sincère. Au bout de six ans au club, j’aurais préféré qu’on soit plus franc avec moi. Mais je ne veux pas polémiquer. Ça ne m’empêchera pas de monter à La Turbie pour saluer mes anciens coéquipiers. J’espère sincèrement qu’ils parviendront à sauver le club.