L’ancien président de l’ASM, Jean-Louis Campora s’est livré à une interview sur RMC. Il évoque notamment son point de vue sur la démission de Jérôme De Bontin.

Que devenez vous ?
J’ai beaucoup de temps, je continue à m’intéresser au football, et je vais voir tout les matchs. Je regarde et j’analyse, et parfois je m’interroge…

Quelle est cette analyse ?
Depuis que j’ai quitté mes fonctions, je ne me suis pratiquement jamais exprimé sur le football ou sur l’as monaco, par respect pour ceux qui prenaient en charge la direction du club, tout en sachant que c’est difficile, que ça s’apprend, et qu’il faut laisser le temps. La direction était entouré de gens fidèles au club comme Biancheri ou Ettori, ça pouvait marcher.

Vous pensez que l’ASM a perdu de son identité ?
L’identité disparait quand des gens du cru qui ont une grosse expérience disparaissent. On internationalise le club, mais les racines ont tendance à disparaitre, et le club vit moins bien.

Pourquoi avoir gardé le silence jusqu’à maintenant ?
La raison, c’est que pour la première fois dans notre histoire, le président démissionne à douze journées de la fin. C’est totalement différent que de changer de président en fin de saison. Démissionner à douze match de la fin, dans un club qui est à trois points du premier reléguable, c’est encore plus grave. Quand on voit notre parcours, et qu’il nous reste sept déplacements, dont Nice, Lyon, Bordeaux et Paris, c’est inquiétant.

C’est un reproche que vous adressez au président De Bontin ?
Je ne suis pas qualifié pour reprocher quoi que ce soit, n’étant pas à l’intérieur du club, et ne connaissant pas les raisons de ce départ. Mais quelques que soit ses problèmes, je pense qu’il est possible d’aménager les choses pour rester aux commandes, et petit à petit préparer le passage de témoin.

Avez vous eut des contacts avec le Prince Albert ?
Non. Si j’ai répondu à votre demande d’interview, c’est parce que je veux me rendre utile au club. Je veux faire passer un certain nombre de messages par les médias ; ceux qui vont prendre les commandes du club doivent être de grands professionnels, car sans ça, on va avoir de gros dégâts. Il va y avoir besoin d’expérience. Quand on regarde le club ; il n’y a plus Ettori, il n’y a plus Bianchéri. Il y a des gens qui ont beaucoup de bonne volonté, mais dans ce côté du management sportif ; pour discuter avec les entités du club, l’entraineur, pour le recrutement de l’année prochaine, les dépenses, le service médical, les cartons, toutes ces choses, les gens qui vont arriver ne s’y connaitront pas forcément. Je pense que je me dois de dire ce que je pense là-dessus. La nomination de quelqu’un de nouveau à douze journées de la fin doit être faite avec précaution. Dans le cas contraire, on va à la catastrophe.

Selon vous, il faut donc forcément quelqu’un qui connaisse bien ce club ?
Je pense que c’est fondamental. On a plus le temps de faire autrement. Cette situation est exactement le reflet de ce que nous sommes en ce moment.

Était-ce une erreur d’évincer des gens comme Ettori ou Biancheri ?
Je ne porte pas de jugement sur les décisions qui ont été prise. Je veux simplement dire que nous avions des garçons qui respiraient as monaco. Peut-être était-il nécessaire de remettre les choses au point, peut-être était-il nécessaire d’envisager de travailler avec d’autres. Mais aujourd’hui à douze matchs de la fin, nous ne pouvons pas nous permettre de prendre des gens qui n’auront pas le temps de connaitre le club, de faire en sorte qu’on se maintienne en première division et de préparer la saison suivante avec succès. Aujourd’hui je ne vois personne qui corresponde à ce profil et qui pourra conseiller le futur président. Si le futur président prend un administrateur délégué qui vient de l’extérieur, qui ne connait pas le club, comment voulez vous qu’il ait le temps de prendre ses repères et d’empêcher le club de partir à la dérive ? On ne peut régler les problèmes que si on est bien entouré.

Vous avez envie de prendre les fonctions de président, pour douze matchs ou plus ?
Ce n’est pas que je sois un ancien président qui ait envie de revenir, mais dans notre situation, il va falloir beaucoup d’expérience. L’expérience que j’ai ou que d’autres ont, peut être utile. Je ne cherche pas à faire mon come-back, mais je veux mettre une certaine pression sur le club, pour qu’on fasse attention aux décisions que l’on va prendre et que les responsables sachent que l’ont peut pas faire tout et n’importe quoi. Notre club a besoin d’un patron avec une certaine expérience. A partir de là, les gens déduisent ce qu’ils veulent. Mais il n’est pas dans mon intention de rester silencieux dans une telle situation. Je me demande qui va redresser le club. Je suis à disposition du club, si l’on veut m’écouter. Je suis à disposition pour que le club puisse demain se reconstruire, éviter la relégation et revenir au niveau qui était le sien.

Vous avez mal vécu votre départ ?
Vous savez quand on a le virus du football, ça ne disparait pas. Je crois qu’il est bien que nous ayons dans le football des gens passionnés.

Vous ne pensez pas qu’on aurait du faire confiance à Didier Deschamps qui avait de l’expérience ?
Je suis mal placé pour répondre à cette question. Pour y répondre, il faut être à l’intérieur du club. Je n’y suis pas, et je ne peux donc pas juger. De toute façon, je suis plus préoccupé par notre situation à venir, que notre situation passée.

Vous avez du mal à accepter ce départ De Bontin ?
On se met dans les conditions pour se faire battre et pour partir à la dérive. J’aimerais bien débattre avec les gens qui ont pris ces décisions.

Quelle est la meilleure solution pou l’ASM ?
D’abord, il faudrait voir avec M. De Bontin, si sa décision de départ ne pas être remise à la fin de saison. Il doit assumer sa responsabilité jusqu’à la fin. Si jamais cette solution est impossible à mettre en place, il faut se tourner vers les glorieux anciens comme Ettori, Biancheri, ou moi-même.

Vous pensez qu’il faut changer d’entraineur ou de staff ?
Si j’étais à la tête du club, je commencerais par essayer de savoir si l’on ne peut pas avoir une meilleure organisation de jeu dans l’équipe, si les préparations physiques sont suffisantes. Il faut instaurez une équipe type, et pas forcément couper des têtes, parce qu’à force de couper des têtes, on va finir en deuxième division.

On parle d’Etienne Franzi, qu’en pensez vous ?
Je pense que c’est un homme qui a fait une carrière au niveau financier. Dans le cadre d’un conseil de surveillance ou d’une expertise économique, pourquoi pas ? Mais il faudra démontrer qu’on apprend le football très vite. On doit répondre aux questions que je soulève d’une façon très précise. Quand on doit mettre les mains dans le cambouis pour éviter une relégation, ça va être délicat.

Le centre de formation a quand même un énorme potentiel.
Le club a toujours eut cette politique. Depuis que j’ai fait venir Gérard Banide, on a pu installer un centre qui était performant. On a eut des gens pour assumer pendant près de 25 ans la pérennité du centre de formation. Ce sont des bases importantes.

Pour finir, Campora a répondu à un petit quizz :

Hoddle ou Hateley ? Hoddle
Weah ou Klinsmann ? Weah
Henry ou Trezeguet ? Trezeguet
Wenger ou Deschamps ? Wenger
Scifo ou Djorkaeff ? Djorkaeff
Anderson ou Simone ? Anderson
Ettori ou Barthez ? Ettori
Thuram ou Marquez ? Thuram
Puel ou Tigana ? Tigana
Benarbia ou Gallardo ? Gallardo
Rothen ou Giuly ? Giuly
Onnis ou Morientes ? Onnis
Jean Petit ou Ricardo ? Jean Petit
Lamouchi ou Manu Petit ? Lamouchi
De Bontin ou Pastor ? Pastor