Lapagedessports.com nous propose une deuxième interview de joueurs monégasques. Cette fois ci c’est Jeremy Menez qui se livre. Même s’il sera absent contre Lyon, il espère une victoire monégasque en se basant sur une bonne défense et des contres bien menés. Même s’il espère mieux, l’AS Monaco est selon lui à sa place, la 9ème. Il évoque évoque également son avenir et se laisse quelques semaines pour y songer.

Monaco reçoit l’OL demain, en match d’ouverture de la 29e journée, est-ce que l’adversaire rend la préparation du match particulière ?
Non, pas du tout. Il faut d’abord penser à nous parce qu’on a besoin de points. Maintenant on sait que c’est le champion de France qui vient, mais il faut rester concentré sur notre jeu et faire le maximum d’efforts, être solidaire pour essayer d’obtenir un résultat. On sait que si on gagne contre Lyon, ça peut être le début d’une belle série avec neuf matchs intéressants à venir, donc il faut entrer dans la rencontre du bon pied et obtenir un résultats positif.

Malgré son élimination en Ligue des champions, l’OL évolue à un niveau très élevé en ce moment, est-ce que ça rend encore plus délicate la rencontre ?
Pas vraiment… Je ne vais pas dire qu’on ne craint pas les Lyonnais, mais le plus important, c’est vraiment de se concentrer sur notre jeu. C’est à nous de les contrer. Ils ont beaucoup de qualités, mais c’est à nous de les faire déjouer. Il faudra qu’on leur laisse le moins d’espaces possibles, qu’on arrive à défendre tous ensemble pour ensuite jouer la contre-attaque.

L’OL n’a plus gagné à Louis II depuis la saison 2001, est-ce qu’il y a un élément particulier qui peut expliquer cette réussite monégasque face à l’OL ?
Ce sont des statistiques avant tout. Mais si j’espère que la série va continuer, ce n’est pas le plus important. Les matchs ne sont jamais les mêmes. Je ne suis arrivé que l’année dernière, donc je ne peux pas parler pour les autres, mais je pense surtout qu’il y a un surcroît de motivation lorsqu’on rencontre les champions de France. L’année dernière par exemple, on était sur une bonne série (ndlr : deux défaites en douze matchs avant la victoire de l’ASM sur Lyon 1-0), on était bien dans nos têtes et eux étaient déjà champions de France. Mais encore une fois, les matchs ne ressemblent pas d’une année sur l’autre…

L’AS Monaco n’a plus gagné depuis bientôt deux mois, est-ce qu’il y a un sentiment de doute qui commence à s’installer ?
Quand il n’y a pas de résultats, il y a toujours des doutes. Mais maintenant, il ne faut pas dramatiser notre situation, il y a des équipes qui sont bien plus en difficulté que nous. Il faut surtout essayer de prendre conscience de nos soucis en ce moment et continuer de travailler à l’entraînement pour essayer d’obtenir de meilleurs résultats.

Comment expliquer le manque de régularité dans les résultats de l’équipe ?
Je ne sais pas… C’est peut-être dû à un état d’esprit particulier, un manque de communication entre nous. Au sein d’une équipe, ce sont plein de petits détails qui font la différence, c’est à nous de régler ces petits détails. Il faut qu’on arrive à mieux défendre ensemble, à mieux attaquer ensemble, tout simplement.

Au niveau offensif, l’ASM n’a marqué qu’un but en cinq matchs, comment expliquer ces difficultés en attaque ?
Les problèmes en attaque sont comme les problèmes en défense. On a des problèmes derrière parce ce que nous les attaquants, on ne vient pas assez aider nos défenseurs. Devant, c’est la même chose. Et puis c’est à nous de nous concentrer davantage devant les buts sur nos actions.

Les compositions d’équipes évoluent souvent d’une semaine à l’autre, est-ce que ça peut être l’une des causes de l’irrégularité de Monaco ?
Oui, ça peut être l’une des causes du manque de résultats… Mais ceux qui remplacent les titulaires doivent démontrer un meilleur état d’esprit, c’est le plus important. Si tout le monde se donne à 100%, il y aura forcément des résultats. Donc c’est peut-être qu’on ne donne pas assez tous ensemble. C’est peut-être aussi l’accumulation des résultats… c’est un tout. Mais je ne suis pas dans la tête des joueurs.

L’Europe reste l’objectif de l’ASM ou ses ambitions ont-elles été revues à la baisse ?
On veut toujours l’Europe, on ne va pas se le cacher. On sait que ce sera difficile, qu’il reste une petite chance et donc, on va la jouer à fond. Bien sûr il y a des regrets, mais je pense qu’on a ce qu’on mérite. On a eu les occasions pour remonter au classement, mais on ne l’a pas fait, ça veut tout simplement dire qu’on est à notre place pour l’instant.

Plus personnellement, vous avez évolué à pas mal de postes offensifs, il y en a un dans lequel vous vous sentez plus à l’aise ?
Je me sens aussi bien dans l’axe qu’à gauche. Maintenant le coach me met où il a envie et où il pense que je donnera le maximum pour l’équipe. Après c’est à moi de montrer ce que je vaux sur le terrain.

L’équipe de France et l’Euro 2008, vous y pensez plus précisément, notamment après avoir joué avec les A’ face au Congo ?
Oui, forcément j’y pense plus. Maintenant je sais que ça passera par le terrain et surtout par Monaco. À moi de faire le maximum. J’ai plein de choses à prouver, je me donne à fond, sans arrière-pensées particulières. On verra après ce que ça peut donner.

Vous avez déjà marqué sept buts cette saison, soit autant que la saison dernière, est-ce que battre ce record pourrait vous aider à atteindre cet objectif ?
Oui, c’est sûr que ça pourrait aider. Je suis assez efficace cette saison, malgré le fait que je n’ai pas toujours beaucoup joué entre les suspensions et les blessures. J’aimerais bien atteindre entre 10 et 12 buts d’ici à la fin de la saison. Ça serait vraiment bien.

Vous aviez évoqué des rencontres avec les dirigeants en fin d’année dernière, est-ce que les choses ont évolué de ce côté-là ?
Non, pas vraiment, pour l’instant je ne me préoccupe pas de ça, on verra à la fin de la saison. Pour l’instant il n’est pas question d’une quelconque prolongation de contrat, je suis à l’AS Monaco pour deux ans.

Un départ de Monaco n’est donc pas encore d’actualité ?
Je ne sais pas, on va attendre la fin de la saison pour en rediscuter. J’ai envie d’évoluer, de progresser et je pourrais peut-être le faire ailleurs. Mais pour le moment, il n’y a rien de concret, j’ai encore quelques semaines pour y songer.